Du son aux notes

Les notes

Le premier outil que nous offre la théorie musicale, c'est la note.

Qu'est-ce qu'une note ? Quelle est la différence entre une note et un son au hasard ?

Distinction entre le son et la note

On a expliqué que le spectre auditif est un phénomène continu : il existe une infinité de fréquences audibles. Ainsi, d'un point de vue purement technique, rien ne distingue vraiment des sons dont les fondamentales vibrent à 440 Hz, 457 Hz, 442,12345123123412341234 Hz, etc. Toutefois, il faut bien admettre que c'est un peu le foutoir. On simplifiera grandement les choses en pré-sélectionnant un sous-ensemble de ces sons et en leur donnant des noms : do, ré, mi…

Si un compositeur ou une partition me réclame de jouer un « do » à un moment précis, je sais que je dois jouer la fréquence correspondante au « do », quelque soit mon instrument. Encore mieux : je n'ai même pas besoin d'avoir conscience de la notion de fréquence — qui il faut bien l'admettre est un peu barbante — je dois simplement savoir où placer mes doigts sur mon instrument pour jouer un « do ».

Enfin, le top du top : nos instruments sont fabriqués pour permettre de jouer plus facilement cette sélection de notes. Sur un piano, il existe une touche permettant de jouer un « la » correspondant à une fréquence de 440 Hz, ni plus, ni moins, et c'est quand même plus précis que de devoir poser un doigt sur un monocorde avec une précision de l'ordre du millimètre.

Les notes aujourd'hui

Il existe aujourd'hui sept notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si, correspondantes à des fréquences pré-déterminées.

Le nom des notes est absolument arbitraire, d'ailleurs, les anglo-saxons utilisent les lettres A, B, C, D, E, F, G.

Une note correspond en fait à plusieurs fréquences. En effet, on a dit qu'un son et son octave étaient harmoniquement très proches. Par conséquent, on a toujours considéré que ces deux sons pouvaient être représentés par la même note. La note « la » équivaut à un son de 440 Hz, mais aussi de 880 Hz, 1760 Hz, 220 Hz, 110 Hz, etc. Pour distinguer un « la » d'un autre, on les numérote. Ainsi, le La3 correspond à une fréquence de 440 Hz, La4 de 880 Hz, La5 de 1760 Hz, La2 de 220 Hz, etc. Ce système permet de n'utiliser qu'un nombre réduit de notes pour couvrir tout le spectre auditif, ce qui est quand même bien pratique.

Enfin, certaines notes peuvent être altérées pour « combler les trous », grâce aux symboles « ♭ » et « ♯ ». Par exemple, « fa♯ » signifie « la note entre fa et sol » tandis que « si♭ » signifie « la notre entre si et le la d'en dessous ».

Le système musical incarné par le clavier du piano

La meilleure façon de visualiser les notes est de contempler le clavier d'un piano.

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Cliquez / tapez sur les touches du clavier pour en jouer.

Sur un piano, on observe sept touches blanches correspondantes aux septs notes do, ré, mi… ainsi que des touches noires qui correspondent aux altérations, pour un total de douze touches. Cet enchaînement se répète plusieurs fois, chaque série de douze touches couvrant l'étendue d'une octave.

Essayez de jouer dans l'ordre toutes les touches blanches de gauche à droite. Vous entendrez la très familière mélodie que tous les enfants apprennent à ânnoner : « do, re, mi, fa, sol, la, si… ». C'est ce qu'on appelle une gamme diatonique (nous reviendrons très bientôt sur la signification de ces termes un peu barbares).

Essayez maintenant de jouer dans l'ordre toutes les touches, blanches et noires, de gauche à droite. Vous entendrez la gamme chromatique.

Premières questions, premiers dilemnes

Le clavier du piano et ce qu'il nous révèle sur notre système musical est généralement source de confusion et soulève de nombreuses questions :

  • pourquoi utilisons nous douze notes (et pas huit, dix ou quinze) pour couvrir une octave ?
  • pourquoi seules sept notes disposent-elles d'un nom propre ?
  • pourquoi cette étrange répartition asymétrique ? pourquoi n'y a-t-il pas d'altération (de touche noire) entre mi et fa ou entre si et do ?
  • par conséquent, pourquoi n'y a-t-il pas le même écart entre do et ré, ré et mi et mi et fa ?
  • pourquoi utilisons nous deux altérations « ♭ » et « ♯ », l'une descendante et l'autre montante, alors qu'à priori une seule suffirait ?

À peine avons nous commencé l'étude du système musical que déjà, il semble n'avoir aucun sens.

Certains diront qu'une telle construction asymétrique permet de s'y retrouver plus facilement sur un piano puisqu'on peut facilement distinguer visuellement les groupes d'octaves. Ce n'est pas faux mais c'est une conséquence, non une cause. La disposition du clavier du piano est telle qu'elle est parce qu'elle reflète notre système musical, non l'inverse.

Pour commencer à se dépêtrer de ce système de notes qui semble n'avoir ni queue ni tête, il faut étudier comment les notes ont été choisies.

En résumé

Il existe une infinité de hauteurs de sons. Pour se faciliter la vie, on en sélectionne un sous-ensemble, et on leur donne des noms : ce sont les « notes ».

Le clavier du piano reflète la répartition actuelle des notes : les sept touches blanches équivalent à do, ré, mi, fa, sol, la, si, intercalées de touches noires, les notes altérées.

Cette répartition soulève déjà de nombreuses questions.