Vie de l'entreprise

Mini-bilan provisoire après un mois de lancement

Aujourd'hui marque une double étape : cela fait un mois pile que j'ai annoncé le lancement de Mamie-note, et c'est aussi le jour du passage de la barre des 50 adhésions. Dans une envie de partage et par souci de transparence, j'ai voulu poster un mini-bilan à l'issue de ces trente jours d'existence.

Une silhouette sur un pont accède à la plage sur fond de Soleil couchant

Quelques chiffres

Aimez-vous les chiffres ? Si si, je sais que vous aimez les chiffres ! En voici quelques uns, vous en ferez ce que vous voulez.

Sur ce premier mois de vie :

  • un peu plus de 9000 visites uniques ;
  • presque 50000 pages vues ;
  • 200 comptes créés ;
  • 50 adhésions soit 1000€ TTC de CA tout rond.

Le site a reçu essentiellement trois sources de trafic :

  • vous avez été nombreux·ses à m'aider à diffuser l'annonce initiale (vous êtes cool, merci) ;
  • Mamie-note a fait l'objet d'une chronique matinale sur France Musique assortie d'un article sur francemusique.fr. À un certain stade, ledit article s'est placé dans la colonne « articles les plus consultés » ce qui a contribué à générer un pic de trafic pendant quelques jours.
  • le site a été mentionné dans un article sur 01net.

Même si Mamie-note est désormais correctement indexé par les moteurs de recherche, zéro visites en provenance de Google mis à part les recherches directes sur les termes « Mamie note ».

Suis-je satisfait de ces résultats ?

Honnêtement, je n'avais aucun objectif chiffré pour ce lancement. Mon but était plutôt de passer le projet en public avant de continuer à le faire progresser à son rythme. Le retour global est assez positif, et pour un premier mois d'existence, c'est une base plutôt correcte pour continuer à travailler.

En définitive, je m'estime plutôt heureux.

Progression du projet

Pendant ce premier mois, j'ai délaissé la rédaction de nouveaux contenus pour me concentrer sur deux aspects :

  • interviewer quelques premiers utilisateurs afin de valider ou infirmer mes hypothèses de travail ;
  • contacter quelques journalistes pour commencer à faire connaître le projet.

Néanmoins, la situation actuelle légèrement exceptionnelle fait que concrètement, je n'ai guère été productif sur aucun de ces aspects.

Quelques leçons tirées de ce lancement

À ce stade, j'ai appris une leçon essentielle : lancer un nouveau site à l'aube d'une pandémie mondiale, quelques jours avant la fermeture des crèches et la mise en place d'un confinement total, c'est loin d'être le top.

(J'espère que vous prenez des notes.)

L'épineuse question du prix

rideau-de-bambou

À l'issue du lancement de Mamie-note, j'ai contacté quelques personnes parmi les premières à s'inscrire pour conduire des interviews.

Objectifs en vrac : déterminer ce qui intéresse les gens dans le projet, leurs attentes, les raisons de leur inscription, leur opinion par rapport au prix, etc.

L'exercice est très intéressant et riche en enseignements. Toutefois, à ce stade, les réponses que j'obtiens sont très hétérogènes. Les premiers clients de Mamie-note sont ingénieur·es, retraité·es ou enseignent dans des conservatoires, beaucoup de diversité, ce qui est finalement assez gratifiant.

Le seul élément qui fait l'unanimité est l'opinion par rapport au prix : « c'est pas cher ».

Et effectivement, 20€ c'est à peine l'équivalent de deux paquets de clopes ou quelques cafés.

Déterminer un prix pour un service

Déterminer un prix pour un produit ou service est un exercice complexe, et fixer un « mauvais prix » peut avoir des répercussions graves sur la vie de l'entreprise.

En fixant un prix trop élevé :

  • on ne vend pas ;
  • on exclut les moins favorisés.

Si le prix est trop bas :

  • on dévalorise le service ;
  • on perd de l'argent à chaque vente.

Or, avec cet argent perdu, je n'avais pas exactement prévu de m'offrir une nouvelle salle-de-bains en or ; ce sont des ressources qui ne peuvent pas être réinvesties pour développer et améliorer le projet.

En tant que fondateur, j'ai bien évidemment l'envie de fixer le « juste prix » qui offre le bénéfice maximal à toutes les parties de la transaction financière.

Comment donc fixer ce fameux « juste prix » ? Il existe traditionnellement plusieurs manières de procéder.

Se baser sur des prix pour produits équivalents

Si votre produit dispose d'équivalents dans le commerce, vous pouvez partir du prix fixé par la concurrence. Exemple : si vous publiez un livre, fixez un tarif équivalent à celui de livres similaires.

Il y a des seuils psychologiques associés à différents types de produits. Même si vous vendez le livre le plus palpitant au monde, personne ne l'achètera plus d'une trentaine d'euros, parce que c'est la somme maximum que nous avons l'habitude d'investir dans un livre.

Cet effet de seuil est à double tranchant quand votre produit n'a pas d'équivalence exacte.

Par exemple, quand vous vous inscrivez sur Mamie-note, qu'obtenez-vous ?

  • une appli mobile ?
  • un livre électronique ?
  • un abonnement à un journal en ligne ?
  • une formation ?

Ces différents types de produits sont associés à des seuils psychologiques très différents : une application pour smartphone à 20€, c'est déjà très cher ; une formation vraiment utile à 500€, c'est plutôt bon marché.

Or, Mamie-note ne correspond pas vraiment à l'une de ces catégories, ce n'est donc pas un bon moyen de trouver un prix.

Coût de revient et seuil de rentabilité

Une autre méthode possible est de partir du coût de revient auquel on ajoute un pourcentage de marge. Par exemple, si vous fabriquez des accordéons, que votre production est de 10 instruments par mois, que vos charges sont de 5000€ / mois et que vous avez besoin de générer 5000€ de bénéfices pour vivre correctement, alors vous pouvez vendre vos accordéons (5000 + 5000) / 10 = 1000€.

Toutefois, cette méthode n'est pas adaptée pour fixer le prix d'un service comme Mamie-note. D'abord, parce que mon coût de revient n'est pas vraiment quantifiable. Ensuite, parce que ce coût n'est pas directement lié au nombre de ventes que je peux effectuer : à ce stade, je pourrais vendre un abonnement ou dix mille, ça ne me coûterait pas plus cher.

Estimer la valeur perçue

Autre méthode possible : fixer un prix équivalent à la valeur obtenue par les clients. Si je vends un produit qui permet à une entreprise d'économiser 1000€ par mois, je peux le proposer à 500€ / mois et tout le monde y gagnera.

Mais comment estimer la valeur de l'adhésion à Mamie-note ? En adhérant à Mamie-note :

  • vous accédez à des connaissances qui vous serviront peut-être toute votre vie ;
  • ces connaissances auraient pu être trouvées dispersées dans de nombreux cours, livres ou vidéos que vous n'aurez peut-être plus besoin d'acheter ;
  • ces connaissances sont présentées de manière structurée pour vous éviter de passer des dizaines d'heures en fouilles archéologiques.

Il me semble que la valeur obtenue est très élevée. Pourtant, peut-on y associer un montant financier ? Ça me paraît difficile et ce sera différent d'une personne à l'autre.

La méthode expérimentale

Puisque les méthodes traditionnelles sont inappropriées, il reste la méthode expérimentale :

  • fixer un prix un peu au pifomètre ;
  • vérifier si les gens s'inscrivent ou pas. Si non, c'est que le prix est trop élevé ou la valeur apportée n'est pas perçue comme assez importante. Si oui…
  • demander aux adhérents leur opinion sur le prix.

Fort de l'expérience engrangée, à partir de la semaine prochaine lundi 30 mars, je réajusterai le prix à une valeur plus correcte. Si vous hésitiez encore à vous inscrire, notez que je suis sympa et que je ne vous prends pas en traître.

Covid-19, tout ça tout ça…

Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que la situation actuelle est un peu inhabituelle.

J'ai la chance et le privilège, pour l'instant, de pouvoir continuer à travailler dans des conditions relativement bonnes.

Par conséquent, je reverserai 100% des bénéfices du mois d'avril à venir à diverses associations d'utilité publique, dans des proportions qui restent à décider (sans doute Croix Rouge et Secours Populaire).

Musiquement vôtre.